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Sur la piste d'un très grand théropode du Jurassique

La trace d'un dinosaure prédateur de cinq à six tonnes, datant d'il y a 155 millions d'années, a été découverte à Loulle dans le Jura.

François Savatier

Du lourd ; du très lourd ; du très très lourd... Jean-Michel Mazin et Pierre Hantzpergue, les deux paléontologues de l'Université de Lyon n'en reviennent pas. À Loulle dans le Jura, ils ont découvert la trace laissée par un énorme théropode sur un glacis littoral il y a quelque 155 millions d'années, donc au Jurassique (environ –200 à –142 millions d'années). Or ce genre de traces est rarissime: jusqu'à présent, des traces de cette taille (environ 80 centimètres) n'avaient été signalé qu'en Angleterre et dans le Jura suisse.

L'animal devait mesurer sept à huit mètres de long et peser jusqu'à six tonnes, estime Jean-Michel Mazin ; ce qui le place dans la même classe de taille et de poids que le célèbre Tyrannosaurus rex américain, qui vivait au Crétacé (142 à 65 millions d'années). Que faisait-il ? Il suivait sans doute son garde-manger, c'est-à-dire quelque grand herbivore de la superfamille des sauropodes, dont les traces sont aussi imprimées par centaines sur le même site. Les paléontologues ignorent pourquoi tant de sauropodes ont foulé les boues calcaires plutôt sèches mais assez plastiques pour imprimer leurs traces, qui recouvraient cette plaine littorale jurassique. Ils supposent que l'endroit était un passage obligé vers des ressources végétales importantes – algues de mer ou de lagune, feuillages d'arbres, fougères.

Dans le massif jurassien, deux autres sites – Coisia dans le département du Jura, en France, et Courtedoux, dans le canton suisse du Jura – comportent de nombreuses traces de sauropodes et de théropodes. Dans les deux cas, elles ont une orientation privilégiée. «À Loulle, et c'est là l'un de grands intérêts spécifique du site, on peut observer toute une variété de traces de sauropodes correspondant au moins à deux espèces et à toute une série de tailles, souligne Pierre Hantzpergue, et comme le site est plus ancien de quelques millions d'années que ceux de Coisia et de Courtedoux, les informations recueillies seront significatives quant à l'évolution des sauropodes.»

Malheureusement, le fond de carrière où ont été découvertes les traces est fragile. Les infiltrations d'eau combinées au gel dégradent la surface d'hiver en hiver, et puisque pour le moment il n'est pas aménagé, les milliers de curieux qui, sans discipline, le piétinent en été, lui font courir encore plus de risques. Des mesures de protection s'imposent d'urgence si les Jurassiens veulent garder cette ressource.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-sur-la-piste-d-un-tres-grand-theropode-23507.php

 


Sur la piste d'un très grand théropode
Université de Lyon

Sur la boue rendue fraiche par la nuit, il semble que le gros théropode de Loulle vient de passer. En fait, c'était il y a 155 millions d'années………

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Université de Lyon
Avec sa forme de demie lune, cette trace trouvée dans la carrière de Loulle est caractéristique des sauropodes.
Université de Lyon
Le fond de carrière de Loulle, où ont été retrouvées de très nombreuses empreintes de sauropodes et de théropodes est malheureusement d'une structure fragile. Formant un creux, il concentre les infiltrations d'eau. En hiver, le gel contribue à déranger le sédiment qui fixé les empreintes; en été, les visiteurs indisciplinés foulent la surface. Sans mesures de protection, il est probable que ce témoignage de la vie animale de la fin du Jurassique va rapidement s'effacer.
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