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La pilule contraceptive, en bloquant l'ovulation, annihilerait les variations des préférences sexuelles et de l'attractivité des femmes au cours du cycle menstruel. La pilule contraceptive influence les femmes dans le choix de leur partenaire sexuel, suggèrent Alexandra Alvergne et Virpi Lummaa, de l'Université de Sheffield, au Royaume-Uni, dans une synthèse des recherches publiées ces dernières années. Pour la psychologie évolutionniste et l'écologie comportementale, branches de la psychologie et de l'éthologie qui s'inspirent de la théorie néodarwinienne de l'évolution, la principale fonction de l'attirance des sexes et du sentiment amoureux est de maximiser les chances de se reproduire et de transmettre ses gènes. Ainsi, la sélection naturelle aurait favorisé, chez la femme, la capacité à reconnaître les indices de « qualité génétique » chez l'homme lorsque la reproduction a le plus de chances de réussir, c'est-à-dire autour de l'ovulation. Par exemple, la testostérone, l'hormone mâle, diminue l'efficacité du système immunitaire contre les agents pathogènes. Un visage bien masculin (visage carré, arcades sourcilières marquées...) est un indice de qualité génétique car il témoigne d'une capacité à résister, malgré l'effet immuno-suppresseur de la testostérone, aux micro-organismes pathogènes. http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-sexe-la-pilule-est-elle-amere-23509.php |
à voir aussi
Trends in Ecology and Evolution, Elsevier Ltd
Dans une étude de 2002, ces images composites d'un visage masculin ont servi à tester les préférences de femmes pour le partenaire sexuel. Elles ont été créées par ordinateur en mélangeant des images de visages masculins et autant de visages féminins adoptant la même pose neutre. En faisant varier les proportions, le visage est féminisé à 50 pour cent (à gauche), ou masculinisé à 50 pour cent (à droite). Dans plusieurs études, les femmes qui ne prenaient pas la pilule avaient, durant la période pré-ovulatoire, une préférence pour les visages plus masculins, alors que des femmes qui la prenaient préféraient en plus grande proportion des visages féminins tout au long du cycle. Pour en savoir plusA. Alvergne et V. Lummaa, Does the contraceptive pill alter mate choice in humans ?, Trends in Ecology and Evolution, en ligne, octobre 2009.
S.C. Roberts et al., MHC-correlated odour preferences in humans and the use of oral contraceptives, Proceedings of the Royal Society B, vol. 275, pp. 2715-2722, 2008.
L'auteurJean-Jacques Perrier est journaliste à Pour la Science.
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