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Les espèces de poux étaient déjà nombreuses avant la disparition des dinosaures. On en déduit que l'explosion du nombre d'espèces des oiseaux et des mammifères avaient déjà commencé. Et que les grands reptiles avaient peut-être des poux ! Les poux, fléau des cours de récréation, sont la hantise des parents tant leur éradication de la tête des enfants et de la maison relève de l'opération militaire de grande envergure. Pourtant, ces parasites sont parfois utiles. En effet, Vincent Smith, du muséum d'histoire naturelle de Londres, et ses collègues se sont intéressés à une grande question de la paléontologie : la radiation (l'augmentation rapide du nombre d'espèces) des mammifères et des oiseaux a-t-elle suivi ou précédé l'extinction des dinosaures ? Les poux apportent un élément de réponse. La théorie la plus répandue stipule que la disparition des dinosaures a laissé vacantes de nombreuses niches écologiques, qui auraient alors favorisé l'essor des mammifères et des oiseaux jusque-là tapis dans l'ombre des reptiles géants. Pour le vérifier, les deux biologistes ont reconstitué l'arbre phylogénique de 69 espèces de poux actuelles à partir de leur ADN, puis ont ancré leurs résultats dans la chronologie en utilisant des fossiles (oiseaux, mammifères et poux) bien datés. Leur étude montre que les poux étaient bien diversifiés avant la limite Crétacé-Tertiaire, il y a 65 millions d'années, qui marque la fin des dinosaures. Ils en déduisent que cette variété des parasites reflète celle des hôtes, et donc que la radiation des oiseaux et des mammifères aurait commencé bien avant l'extinction de masse. Qui plus est, les oiseaux ayant pour ancêtres certains dinosaures (des théropodes) chez qui les plumes sont apparues, les poux infestaient peut-être déjà ces aïeux ! Il y aurait eu donc des dinosaures à poux et des dinosaures sans poux. |
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V. Smith
Un fossile de poux vieux de 44 millions d’années (à gauche) et un parasite actuel d’oiseaux aquatiques (à droite). Tous deux ont aidé à la construction de l’arbre phylogénique des poux. Pour en savoir plusV. Smith et al., Multiple lineages of lice pass through the K-Pg boundary, Biology Letters, prépublication en ligne, 6 avril 2011. L'auteurLoïc Mangin est rédacteur en chef adjoint à Pour la Science.
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