L'annonce de la découverte d'une exoplanète à peine deux fois plus
grande que la Terre a fait grand bruit début février, lors du premier
colloque international consacré aux résultats du satellite Corot.
Précisions avec Daniel Rouan, directeur de recherche au Laboratoire
d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique à
l'observatoire de Paris.
Vous avez présenté la découverte de Corot-exo7b, la septième
exoplanète détectée par le satellite Corot : pourquoi suscite-t-elle
autant d'intérêt ?
DANIEL ROUAN : L'un des graal de la recherche
d'exoplanètes est de découvrir des petites planètes rocheuses, du type
de la Terre, ailleurs dans l'Univers. Parmi, les 330 connues à ce jour,
on compte une vingtaine de super-Terres, c'est à dire des planètes dont
la masse ne dépasse pas 15 masses terrestres. Mais, elles ont toutes
été découvertes par de mesures réalisées depuis le sol et des méthodes
dites des vitesses radiales qui indiquent seulement leur masse. On ne
connaît donc pas leur taille. Or les deux paramètres sont
indispensables pour avoir une idée de la densité de l'objet et donc de
sa composition. Le satellite Corot lui mesure la luminosité de l'étoile
et est capable de détecter une très petite baisse de cette luminosité
due au passage d'un corps devant l'astre. Une méthode qui donne accès à
la dimension de ce corps. C'est donc la première fois que l'on mesure
la taille d'une super-Terre et son rayon vaut 1,75 fois celui de la
Terre (1) !
Connaissez-vous sa masse ?
DANIEL ROUAN : Pour l'instant, nous n'avons qu'une
limite supérieure : Corot-exo7b est au maximum 11 fois plus massive que
la Terre. Les mesures complémentaires sont en cours. Il nous faut donc
encore attendre, pour savoir si cette planète, située à 400
années-lumière de nous, est rocheuse ou si elle est rocheuse avec une
part importante d'eau comme Neptune.
A quelle distance Corot-exo7b se situe-t-elle de son étoile ?
DANIEL ROUAN : Elle fait le tour de son étoile en seulement 20 heures, elle est donc très proche de son étoile. Sa température en surface est par conséquent très élevée, entre 1 000 et 1 500°C. Cette planète n'est clairement pas habitable. Précisons que Corot est une mission pionnière, elle est capable de détecter une petite planète pas trop éloignée de l'étoile, mais elle n'est pas conçue pour sonder les zones plus froides donc plus habitables.
Entre la détection du premier signal détecté et l'annonce de cette découverte, il s'est écoulé un an : pourquoi ?
DANIEL ROUAN : Il s'agit d'un signal très faible, une
toute petite baisse de la luminosité de l'étoile. Pour être certain que
l'objet qui le provoque était bien une planète, il nous a fallu
réaliser toute une batterie de mesures de spectroscopie infra-rouge en
particulier. La probabilité pour que ce soit autre chose est
aujourd'hui inférieure à un dix millième.
Propos recueillis par Hélène le Meur
http://www.larecherche.fr/content/actualite/article?id=24873