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L'autisme, une question de connexions?

Des études de génétique confirment que des molécules nécessaires aux connexions entre neurones sont impliquées dans l'autisme.

Jean-Jacques Perrier

Les généticiens suspectent depuis quelques années que les troubles autistiques sont causés par des connexions anormales entre neurones. Deux études réunissant une dizaine d'équipes américaines viennent appuyer cette hypothèse. 

Les personnes souffrant d'autisme ont peu d'interactions sociales, et présentent des troubles de la communication verbale et non verbale, ainsi que des comportements répétitifs et stéréotypés. Ces « troubles du spectre autistique » apparaissent avant l'âge de trois ans.Diverses mutations touchant des protéines impliquées dans le fonctionnement ou la formation des connexions entre neurones, les synapses, ont été récemment identifiées chez des personnes autistes. Ces protéines sont les neuroligines, la neurexine 1, la protéine SHANK3 et la contactine 4. Par ailleurs, des études d'imagerie cérébrale suggèrent que les connexions entre les neurones de divers réseaux cérébraux seraient plus lâches que chez un sujet non atteint.

Le travail coordonné par Hakon Hakonarson à l'hôpital pédiatrique de Philadelphie complète ces données. Les chercheurs ont étudié 4 300 autistes et les ont comparés à 6 491 témoins. Des variations de séquences d'ADN à proximité des gènes CDH9 et CDH10 se sont révélées plus fréquentes (20 pour cent) dans les groupes de sujets autistes. Ces deux gènes codent des protéines d'adhérence entre cellules, les cadhérines 9 et 10. Dans le cerveau, ces protéines contribuent à la formation des synapses.

Dans une autre étude portant sur 859 cas comparés à 1 409 témoins, les mêmes chercheurs ont également identifié des variations dans des gènes impliqués dans la dégradation et le remplacement des protéines. Simultanément, le groupe d'Anthony Monaco à l'Université d'Oxford a montré que le gène DOCK4 du chromosome 7, dans la formation des prolongements qui assurent la communication des neurones, les dendrites, sont plus fréquentes chez les personnes atteintes d'autisme.

Ainsi, les troubles de l'autisme naîtraient d'anomalies de la mise en place de la communication cérébrale au cours du développement cérébral. Des neurobiologistes vont tenter de reproduire ces déficits chez la souris afin d'examiner s'ils produisent des comportements qui rappellent ceux des personnes atteintes d'autisme.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-l-autisme-une-question-de-connexions-22030.php


L’autisme, une question de connexions?
Thomas Dresbach (Univ. Heidelberg) / Nils Brose (MPI for Experimental Medicine)
La neuroligine 1 est ici marquée en vert dans l'un de ces neurones en culture. Sur le grossissement, elle est visible sur les « épines »(à droite, points verts) de la surface des dendrites, impliquées dans la communication entre neurones.

POUR EN SAVOIR PLUS

K. Wang et al., Common genetic variants on 5p14.1 associate with autism spectrum disorders, Nature, en ligne, 28 avril 2009.

J.T. Glessner et al., Autism genome-wide copy number variation reveals ubiquitin and neuronal genes, Nature, en ligne, 28 avril 2009.

E. Maestrini et al., High-density SNP association study and copy number variant analysis of the AUTS1 and AUTS5 loci implicate the IMMP2L-DOCK4 gene region in autism susceptibilityMolecular Psychiatry, 28 avril 2009.
 
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