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Immunité : les femmes résisteraient mieux aux infections

Des hormones féminines stimuleraient la réaction de défense face à l'agent pathogène de la listeria, en bloquant une enzyme qui l'inhibe. 
Bénédicte Salthun-Lassalle
Il existerait encore une différence entre l'homme et la femme, cette fois en faveur de la femme : celle-ci serait plus résistante aux infections, d'après l'équipe de Maya Saleh de l'Université McGill à Montréal.

Un « effecteur » de l'immunité innée – le système de défense de l'organisme peu spécifique, mais qui réagit très vite à la présence d'un agent pathogène – aurait un rôle plus important qu'on ne le croyait : il s'agit de la caspase-12. Les caspases sont des enzymes jouant un rôle majeur dans la mort cellulaire et la réaction immunitaire innée. Ces petites molécules solubles sont libérées par les cellules de défense à différentes étapes de la réaction immunitaire ; ainsi, la caspase-1 est active dès qu'un microbe pénètre dans l'organisme et elle stimule la libération de molécules qui détruisent rapidement l'agent pathogène. La caspase-12 inhibe cette caspase.

Si la caspase-12 est présente chez tous les mammifères, elle existe sous plusieurs formes chez l'homme, car le gène la codant a acquis différentes mutations au cours de l'évolution, notamment, une mutation dite « stop », portée par la plupart des êtres humains. Elle inactive le gène de la caspase-12, de sorte que l'expression de cette enzyme cesse. En revanche, la forme « longue » de la caspase-12, présente notamment chez 20 pour cent des personnes d'origine africaine, est active, et les biologistes canadiens ont montré dans une précédente étude que cette caspase-12 longue bloque la réaction immunitaire innée. D'ailleurs, les personnes l'exprimant auraient plus de risques de souffrir de septicémie - une infection généralisée grave de l'organisme - et d'en mourir.

M. Saleh et ses collègues ont créé une souris qui n'exprime plus la caspase-12 : le rongeur est alors plus résistant aux infections et combat efficacement la bactérie Listeria monocytogenes, contrairement aux souris « sauvages ». Puis ils ont implanté dans des rongeurs le gène humain codant la caspase-12 longue ; ces derniers redeviennent sensibles à la listeria. Mais ce n'est pas le cas de toutes les souris exprimant le gène humain : les femelles continuent à résister à la bactérie. Pourquoi ?

En fait, les estrogènes – des hormones sexuelles femelles – des souris femelles inhibent l'expression du gène de la caspase-12 humaine. Il en résulte une bonne activité de la caspase-1 et donc une meilleure défense de l'organisme dans les premiers jours de l'infection par la listeria.

Comme les biologistes ont introduit un gène humain chez les souris, ils considèrent que le mécanisme est vraisemblablement le même chez la femme. Cette modulation de la réaction immunitaire innée selon le sexe serait un moyen de protéger les femmes, qui assurent la reproduction. Toutefois, ces résultats ne concernent qu'un type d'effecteur du sytème immunitaire (la caspase-12 longue), uniquement présente dans une faible proportion de la population humaine. D'autres résultats confirmeront-ils le rôle des estraogènes dans la protection contre les infections?  Dans ces conditions, faudrait-il envisager d'administrer des estrogènes aux hommes, notamment à ceux qui sont particulièrement sensibles aux infections ?

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