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Deux molécules de l'infertilité féminine identifiées

Chez la souris, on a montré que deux enzymes sont indispensables au mécanisme déclenchant l'ovulation ; cela devrait permettre de mieux traiter certains cas d'infertilité féminine. 
Bénédicte Salthun-Lassalle
Cinq à dix pour cent des couples connaissent des difficultés pour concevoir un enfant, et dans deux tiers des cas, l'infertilité est féminine. Dans trois cas sur quatre, il s'agit d'un syndrome des ovaires polykystiques : cette pathologie a plusieurs causes possibles, mais, en général, elle aboutit à une absence d'ovulation. Heng-Yu Fan et ses collègues, de l'École de médecine Baylor à Houston aux États-Unis, ont identifié deux enzymes nécessaires à l'ovulation et aux mécanismes qui en découlent.

Pour qu'il y ait fécondation, un spermatozoïde doit rencontrer un ovule. À chaque cycle menstruel, dans l'ovaire, un follicule ovarien (un agrégat de cellules contenant un ovocyte) se développe et grossit ; quand il est mature, l'ovocyte est libéré. Dans la trompe qui conduit à l'utérus, cet ovocyte est prêt à être fécondé par un spermatozoïde.

Deux hormones libérées par une glande du cerveau, l'hypophyse, permettent au follicule de croître et de se développer : la folliculostimuline (FSH pour follicule-stimulating hormone) participe à la maturation du follicule, et la lutéinostimuline (LH pour luteinizing hormone) provoque la rupture du follicule et la libération de l'ovocyte. Si le follicule arrête sa maturation, l'ovulation n'a pas lieu et aucune fécondation n'est possible.

H.-Y. Fan et ses collègues se sont intéressés au follicule lui-même et aux cellules qui entourent l'ovocyte. Au moment de l'ovulation, les cellules folliculaires se transforment et produisent des hormones indispensables à l'implantation de l'embryon et à la poursuite de la grossesse quand il y a fécondation. Différents facteurs de croissance et la LH – qui permet le rupture du follicule – activent une voie de signalisation cellulaire, dite des MAP kinases (pour mitogen-activated proteins) : il s'agit des enzymes MAPK3 ou ERK1 (pourextracellular-regulated kinase) et MAPK1 ou ERK2, dont on vient de découvrir le rôle essentiel dans l'ovulation.

Comment les biologistes l'ont-ils montré ? Ils ont créé des souris chez qui ERK2 et ERK1 sont inactivées uniquement dans les cellules entourant l'ovocyte. Ces souris sont stériles et présentent alors plusieurs anomalies des ovaires : la maturation des ovocytes est stoppée et l'ovulation n'a pas lieu. Ainsi, l'absence des protéines ERK, in vivo, empêche la LH d'activer les gènes contrôlant l'ovulation. L'identification de ce mécanisme cellulaire essentiel à l'ovulation devrait permettre de mieux comprendre les causes des pathologies touchant l'ovaire et de rechercher des thérapies contre les problèmes d'infertilité féminine.
Deux molécules de l'infertilité féminine identifiées
© Shutterstock/newphotoservice
Certains problèmes d’infertilité féminine seront peut-être résolus grâce à la découverte de deux molécules essentielles à l’ovulation – et donc à la fécondation.

L'AUTEUR

Bénédicte Salthun-Lassalle est journaliste àPour la Science.

POUR EN SAVOIR PLUS

H.-Y. Fan et al.MAPK3/1 (ERK1/2) in ovarian granulosa cells are essentiel for female fertilityScience, vol. 324, pp. 938-941, mai 2009. 

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