L’Union internationale pour la conservation de la nature, l’UICN, a livré la mise à jour 2009 de sa célèbre "liste rouge des espèces menacées". Au vu des résultats, le temps presse.
Le 3 novembre, l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’UICN, a livré la mise à jour 2009 de sa célèbre "liste rouge des espèces menacées". Une liste, qui ne concerne pas que les espèces menacées. Directeur adjoint du programme pour les espèces de l’UICN, Jean-Christophe Vié le rappelait dans un entretien qu’il nous avait accordé en mars 2008 : le degré de menace qui pèse sur les espèces est évalué sans a priori. En fonction des résultats, elles sont placées dans l’une ou l’autre des 9 catégories de la liste.
Mais l’absence d’a priori ne change rien aux résultats : la situation actuelle est sombre. Des 47 677 espèces répertoriées par la liste rouge, 17 291 (soit 36 %) figurent dans l’une des trois catégories « En danger critique d’extinction », « En danger » ou « Vulnérable ». Cela signifie qu’elles sont menacées d’extinction. La menace pèse sur 21 % des mammifères et 12 % des oiseaux (les groupes les mieux évalués, toutes les espèces connues figurant sur la liste rouge). Et ce pourcentage, déjà élevé, est bien pire dès lors que l’on considère les plantes à fleurs : des 10 876 espèces répertoriées par la liste rouge (sur 281 821 espèces connues), 73 % sont menacées.
La France au 8e rang mondial. Il est clair que la France n’est pas le dernier pays à devoir se sentir concerné. Comme l’annonce le Comité français de l’UICN, « la France se situe au huitième rang des pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces animales et végétales menacées au niveau mondial ». En métropole, sur les 870 espèces répertoriées par la liste rouge, 6 sont classées comme éteintes et 118 comme menacées d’extinction (dont 9 mammifères, 6 oiseaux, et 37 poissons). Et le score s’aggrave lourdement dès lors que l’on s’intéresse aux collectivités d’outre-mer : en Nouvelle-Calédonie par exemple, 365 des 695 espèces répertoriées par la liste rouge sont menacées. Le constat est d’autant plus affligeant que bon nombre de ces espèces sont endémiques, c’est-à-dire n’existent nulle part ailleurs sur la planète. Mais il n’a, hélas, rien de très nouveau.
Comme le souligne Jane Smart, directrice du Groupe pour la conservation de la biodiversité de l’UICN, ’’il est temps que les gouvernements commencent sérieusement à oeuvrer à la protection des espèces et que ce sujet brûlant figure parmi leurs priorités l’année prochaine (déclarée Année internationale de la biodiversité), car le temps presse’’. Les principales menaces pesant sur les espèces sont la dégradation des milieux naturels, la surexploitation, l’introduction d’espèces envahissantes, les pollutions et le changement climatique.
Cécile Klingler
http://www.larecherche.fr/content/actualite-vie/article?id=26672
- Jean-Christophe Vié : « La France doit mieux protéger sa biodiversité » (La Recherche, mars 2008)