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Varanus komodoensis : dragon de Komodo... peu commode

Le dragon de Komodo, ce varan géant d'Indonésie, ne tue pas grâce aux bactéries pathogènes coincées entre ses dents, mais plutôt grâce à un venin.
Loïc Mangin
Buaja darat, c'est-à-dire crocodile terrestre, pour les habitants de Flores et de Rinca, en Indonésie, biawak raksasa, soit varan géant, pour d'autres... L'animal est plus connu sous le nom de dragon de Komodo (Varanus komodoensis), du nom de l'île qu'il affectionne. Le plus gros spécimen identifié mesurait 3,13 mètres de longueur pour 166 kilogrammes ! On connaît peu de choses sur sa stratégie de chasse. Ainsi, de nombreuses proies, après avoir été mordues, sont relâchées, mais succombent peu après. On imaginait que la mort de la victime procédait, outre d'hémorragie, d'infections mortelles, car les dents crénelées du reptile recèlent des morceaux de viande en décomposition où des bactéries, dont plusieurs espèces pathogènes, prolifèrent. Brian Fry, de l'Université de Melbourne, et ses collègues ont découvert une autre explication : le dragon de Komodo injecte un venin.

 

À l'aide de différentes techniques d'imagerie, ainsi que de prélèvements sur un animal malade du zoo de Singapour, les biologistes ont mis en évidence des glandes à venin, dérivées des glandes salivaires, situées dans la mandibule. L'analyse du poison a révélé des substances proches de celles que l'on trouve dans le venin d'autres serpents et dans celui du monstre de Gila (Heloderma suspectum), un lézard venimeux du Sud-Ouest des États-Unis. Ces molécules dilatent les vaisseaux sanguins et accélèrent ainsi l'écoulement du sang, précipitant la mort de la proie. D'autres composés, anticoagulants, participent au phénomène.

 

En outre, des simulations numériques ont montré que la morsure du dragon de Komodo est notablement moins puissante que celle d'un crocodile de taille équivalente : la faiblesse de la morsure du lézard est palliée par le venin. Enfin, des comparaisons anatomiques du reptile avec un genre de varan éteint (Megalania) ont révélé que ces reptiles disparus étaient les plus gros animaux venimeux ayant jamais existé !

 

Doté de bactéries pathogènes et de venin, le dragon de Komodo est donc un chasseur redoutable. C'est aussi un prédateur qui ne gâche pas : là où les lions ne consomment que 70 pour cent de leur proies, les varans n'en laissent que 12 pour cent, ingérant sabots, os, peau, intestins...

 http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-un-dragon-de-komodo-peu-commode-22522.php

 


Un dragon de Komodo... peu commode
© C. Ciofi
Un dragon de Komodo (Varanus komodoensis) se repaît d’un cervidé.

à voir aussi

© B. Fry et al.
Une image obtenue par IRM d’une tête de dragon de Komodo révèle les glandes à venin (flèches rouges et roses) dans la mandibule du reptile, ainsi qu’une glande qui sécrète du mucus (flèche jaune).
© J. Azel
Un dragon de Komodo, en maître de son territoire, déambule sur une plage, sa langue jaune et bifide humant l’air.
© J. Kern
L’île de Komodo, vallonnée et culminant à 735 mètres d’altitude, a une superficie de 340 kilomètres carrés.
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