Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Vaincre la douleur : la piste du cannabis

Une substance qui renforce l'action d'un antalgique présent naturellement dans l'organisme soulage la douleur chez la souris.

Sébastien Bohler

Face à certaines douleurs chroniques, les médicaments usuels restent parfois sans effet. Depuis quelques années, on cherche à exploiter les vertus analgésiques du cannabis et de sa substance active, le thc (tétrahydrocannabinol), qui agit sur certaines voies nerveuses modulant la perception de la douleur. Des sujets ayant des douleurs chroniques tentent de soulager leur souffrance en fumant du cannabis, et certaines unités de soins palliatifs l'introduisent de façon contrôlée.

Malheureusement, le thc contenu dans le cannabis a des effets secondaires sur le cerveau. Il est responsable notamment d'une diminution de la concentration, de pertes de mémoire, parfois des crises d'anxiété, d'une altération des perceptions visuelles et auditives, et perturbe la vigilance dans des situations telles que la conduite. Un des principaux enjeux thérapeutiques en ce domaine consisterait à activer les voies de modulation de la douleur dans la moelle épinière, sans agir sur le cerveau.

Des biologistes de l'Université de Californie, et de celles de Géorgie, de Madrid et d'Urbino en Italie, ont testé un composé nommé urb937, qui a pour principal effet d'augmenter la concentration d'un analogue du thc qui se trouve naturellement dans la moelle épinière : l'anandamide. Des souris traitées par cette substance semblent soulagées de la douleur causée par l'injection de substances acides ou irritantes dans la cavité abdominale. L'effet est si puissant que le « comportement de douleur » disparaît.

Cette stratégie antidouleur est intéressante, car elle consiste à renforcer les ressources naturelles de l'organisme dans la lutte contre la douleur. Le composé urb937 n'a pas d'effets secondaires sur le cerveau. Il reste à passer des tests chez la souris aux tests sur l'homme, puis à conduire des essais thérapeutiques, et à espérer une éventuelle mise sur le marché d'ici une dizaine d'années – si le potentiel de cette molécule se confirme.

© Lightspring / Shutterstock
© Lightspring / Shutterstock

POUR EN SAVOIR PLUS

J. Clapper et al., in Nature Neuroscience, à paraître.

L'AUTEUR

Sébastien Bohler est journaliste àCerveau&Psycho
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article