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Des biologistes viennent d'identifier 230 protéines qui suffisent à distinguer les colibacilles pathogènes des colibacilles inoffensifs. Cela pourrait ouvrir la voie à un vaccin. S'il est un docteur Jekyll et mister Hyde du micro-organisme, c'est bien la bactérie Escherichia coli, ou colibacille. Il en existe plus de 1 000 souches qui diffèrent par quelques molécules. La plupart sont des bactéries inoffensives, dites commensales, qui peuplent les intestins et participent à différentes fonctions essentielles à l'organisme (digestion des aliments, synthèse de vitamines). Mais certaines sont pathogènes : elles causent des gastro-entérites, des infections urinaires, des méningites (graves chez le nourrisson) et des septicémies (infections généralisées de l'organisme). Combattre les mauvaises bactéries n'est pas aisé étant donné leur ressemblance avec les bénéfiques. Danilo Gomes Moriel, de la Société Novartis à Sienne, en Italie, et ses collègues ont identifié 230 protéines présentes uniquement dans les souches pathogènes. Les souches extra-intestinales de colibacilles engendrent diverses maladies chez les mammifères et les oiseaux. Chez l'homme, elles sont notamment responsables de 80 pour cent des infections urinaires et sont la deuxième cause de méningites néonatales. Or elles deviennent résistantes aux antibiotiques, de sorte que la mise au point d'un vaccin serait nécessaire. Les biologistes ont séquencé tout le génome d'une souche d'E. coli ayant provoqué une méningite néonatale et ils l'ont comparé aux séquences connues d'autres E. coli (pathogènes et commensales). Ils ont ainsi identifié 230 antigènes potentiels – des protéines déclenchant une réaction de défense de l'organisme hôte – présents seulement dans les souches pathogènes. Ils les ont injectés un à un à différentes souris afin qu'elles fabriquent des anticorps – des molécules de défense – contre l'antigène qu'elles ont reçu, puis ils ont infecté les souris avec une quantité létale de colibacilles pathogènes. Les biologistes ont montré que neuf de ces antigènes protègent les souris contre une infection létale par E. coli et que cette protection est bien due à la production préalable d'anticorps contre un antigène de la bactérie. Les auteurs de l'étude espèrent ainsi mettre au point un vaccin spécifique des souches de colibacilles pathogènes à partir d'un ou de plusieurs de ces antigènes. |
© Eric Erbe
Ces colibacilles sont peut-être pathogènes : ils déclenchent de graves maladies chez l’homme et sont de plus en plus résistants aux antibiotiques. Pour en savoir plusDanilo Gomes Moriel et al., Identification of protective and broadly conserved vaccine antigens from the genome of extraintestinal pathogenic Escherichia coli, PNAS, en ligne le 3 mai 2010.
L'auteurBénédicte Salthun-Lassalle est journaliste à Pour la Science.
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