La
mémoire est l'une des fonctions les plus importantes du cerveau. Elle
permet de capter, coder, conserver et restituer les stimulations et
informations que nous percevons. Il n'existe pas de centre de la
mémoire, mais les neurobiologistes s'accordent pour dire que
l'hippocampe joue un rôle majeur dans ce processus. Situé au centre du
cerveau, il permet de mettre en relation les informations stockées dans
les différentes zones cérébrales.
L'équipe du Professeur
LaFerla, de l'université de Californie à Irvine, est une des premières
à mettre en évidence le rôle potentiel des cellules souches neurales
dans l'amélioration de la mémoire chez des souris ayant subi des
dommages cérébraux.
Leurs travaux ont été menés sur une nouvelle
souche de souris génétiquement modifiées dans lesquelles les chercheurs
peuvent induire des lésions dans des régions choisies du cerveau. Ils
ont ainsi induit la destruction de cellules dans l'hippocampe, une
région du cerveau vitale pour la formation de la mémoire et où les
neurones meurent souvent. Les souris ont ensuite été soumises à deux
tests de mémoire : un test de mémoire spatiale qui fait appel à
l'hippocampe et un test de reconnaissance d'objet faisant appel au
cortex. Les résultats de leur étude montrent que 70% du temps les
souris normales se rappellent de leur environnement, alors que ce n'est
le cas que dans 40% du temps pour les souris ayant subi des dommages
cérébraux. Dans le test de reconnaissance des objets, les souris
normales se souviennent des objets 80% du temps contre seulement 65%
pour les souris blessées.
L'équipe du Pr. LaFerla a ensuite
analysé le potentiel des cellules souches dans la réparation de la
mémoire, en injectant des cellules souches neurales aux souris ayant ou
non subi des dommages cérébraux. 3 mois après, les souris ont été
soumises à nouveau à l'exercice de mémoire spatiale. Toutes les souris
présentent alors les mêmes capacités de mémorisation que les souris
normales. En revanche, seulement 4% des cellules souches injectées se
sont différenciées en neurones, ce qui indique que ce n'est pas en
remplaçant les neurones endommagés que les cellules souches injectées
améliorent la mémoire. Il semble que l'action des cellules souches
consiste à procurer un support aux neurones endommagés en produisant de
la neurotrophine, permettant ainsi aux neurones de rester en vie et
fonctionnels.
De ce fait, les futures recherches pourraient être
orientées vers la mise au point de traitements visant à augmenter la
production ou le relargage de neurotrophine au sein du cerveau.
Cette
étude montre que les cellules souches neurales sont capables de
rétablir une perte de mémoire et permet d'envisager, qu'un jour, les
cellules souches pourraient être utilisées pour restaurer les fonctions
cérébrales chez des patients souffrant de maladies neurologiques
diverses ou ayant subi des dommages cérébraux.