Aucun cas de personne contaminée par des porcs n’ayant été constaté, l'appellation "grippe porcine" est un abus de langage.
«Nous avons été alertés de l’émergence du virus vendredi 24 avril, mais deux jours plus tard, nous savions que l’utilisation du terme « grippe porcine » était une erreur, assure Jeanne Brugère-Picoux de l’Ecole nationale vétérinaire de Maisons-Alfort. Cette terminologie vétérinaire désigne un virus qui se transmet rarement à l’homme, et reste plutôt bénin. Or, pour ce que l’on connait du virus actuel, il se transmet d’homme à homme. Il ne s’agit donc plus d’un virus porcin, mais bien d’un virus humain». Bernard Vallat, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) à Paris, préfère ainsi parler de «grippe nord-américaine», puisque les épidémies de grippe sont nommées d’après leur origine géographique, à l’instar de la grippe espagnole.
Comment expliquer cette confusion ? En réalité, ce virus est né de l’échange de gènes entre plusieurs souches de virus : humain, porc et aviaire. Il y a donc bel et bien une composante porcine dans cette épidémie. Mais aucun cas de porc contaminé, ni de personne contaminée par des porcs n’a pour l’heure été constaté.
Si les experts s’accordent à dire que le nouveau virus se transmet très facilement, beaucoup de données manquent encore pour établir à quel point il est mortel. «En attendant, la confusion provoquée par l’utilisation du terme grippe porcine suscite des réactions injustifiées, comme l’abattage par l’Egypte de son cheptel de porcs», indique Jeanne Brugère-Picoux. L’OMS rappelle en effet qu’il n’a pas été démontré que la grippe porcine puisse être transmissible à l’homme par l’ingestion de viande de porc ou d’autres produits dérivés du porc correctement manipulés et préparés. Le virus grippal porcin est tué par des températures de cuisson de 70°C, ce qui correspond aux instructions généralement données pour la préparation du porc et d’autres viandes.
Cédric Duval
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