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Depuis le début de l'ère industrielle, l'océan a absorbé environ la moitié des émissions anthropiques(1) de gaz carbonique (CO2) dans l'atmosphère, entraînant une acidification de l'eau de mer. Frédéric Gazeau, chercheur à l'Institut Néerlandais d'Écologie et ses collègues dont Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche au laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-mer (CNRS/Université Pierre et Marie Curie) ont examiné la réponse des huîtres et des moules cultivées en Europe à cette acidification des océans. Les résultats, publiés dans la revue Geophysical Research Letters, sont sans appel : ils montrent pour la première fois que ces mollusques d'intérêt économique seront directement affectés par le bouleversement en cours de la composition chimique de l'eau de mer.

Figure 1 -Ces moules du bassin d'Arcachon sont utilisées comme indicateurs biologiques du taux de pollution industrielle ou agricole en milieu aquatique. En effet, la biologie peut, en déterminant et en analysant le mécanisme enzymatique que déclenche l'organisme soumis à une substance toxique, détecter rapidement le polluant.
© CNRS Photothèque / GARRIGUES, Philippe (cette image est disponible auprès de la photothèque du CNRS, 01 45 07 57 90, phototheque@cnrs-bellevue.fr)
Figure 2 - Gazeau et al. 2007. Calcification des moules (en haut) et des huîtres (en bas) en fonction de la pression partielle de CO2 (pCO2) de l'eau de mer. La calcification diminue de manière importante et linéaire lorsque la pCO2 augmente.