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Le gène du « petit » dormeur

Des neurobiologistes ont repéré, chez deux femmes n'ayant besoin que de six heures de sommeil par jour pour être en forme, une mutation génétique particulière.

Bénédicte Salthun-Lassalle

Qui n'a pas rêvé de pouvoir dormir moins pour profiter davantage des journées, tout en étant en forme ? Certaines personnes en sont capables : elles ont besoin de moins de sommeil que les autres pour se sentir bien et être performantes toute la journée. Ying He et ses collègues, de l'Université de Californie à San Francisco, ont montré que deux personnes portant une mutation dans un gène particulier dorment en effet peu et se sentent malgré tout reposées.

De combien de temps de sommeil avons-nous besoin ? Cette question est loin d'être résolue, tant les mécanismes mis en œuvre dans le sommeil et même ses fonctions restent mal connus. On sait en revanche que la durée optimale de sommeil dépend de chaque personne, certaines dormant moins de six heures par nuit et d'autres plus de neuf heures. En général, le temps de sommeil nécessaire pour se sentir bien est semblable pour plusieurs membres d'une même famille, ce qui suggère que le patrimoine génétique influe sur la durée du sommeil.

Les neurobiologistes de San Francisco ont trouvé deux personnes – une mère et sa fille – qui ne dorment que six heures et six heures trente par nuit pour être en forme tout le reste de la journée ; les autres membres de la famille dorment en moyenne plus de huit heures. Après avoir étudié différents gènes candidats, Y. He et ses collègues ont montré que ces femmes portent une mutation dans le gène codant un « répresseur » de transcription nommé DEC2 ; ce dernier, en condition normale, bloquerait l'expression de gènes impliqués dans l'horloge biologique. Cette horloge contrôle l'alternance entre la veille et le sommeil, sous l'influence de différents facteurs tels que la lumière. Toutefois, le rôle précis de DEC2 reste inconnu.

Les neurobiologistes ont ensuite créé des souris porteuses de cette mutation et ils ont comparé leurs cycles de sommeil avec ceux des souris normales. Les souris mutantes sont plus souvent éveillées (elles sont actives environ 14 heures au lieu de 12 par jour), et ont besoin d'un temps de récupération plus court après une privation de sommeil. L'identification de cette mutation – rare chez l'homme puisqu'elle serait présente dans une famille sur 60 – devrait permettre de mieux comprendre l'impact du sommeil sur la santé.


http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-le-gene-du-petit-dormeur-23179.php

Le gène du « petit » dormeur
© Shutterstock/bociek666
Le temps de sommeil nécessaire pour se sentir bien le reste de la journée varie beaucoup d'une personne à l'autre. Cette caractéristique physiologique semble avoir des fondements génétiques.

L'AUTEUR

Bénédicte Salthun-Lassalle est journaliste à Pour la Science.

POUR EN SAVOIR PLUS

Y. He et al.The transcriptional repressor DEC2 regulates sleep length in mammalsScience, vol. 325, pp. 866-870, 14 août 2009.
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