Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

La stimulation électrique réduit les TOC

La stimulation intracérébrale pourrait être utilisée pour traiter des patients atteints de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Une étude montre que les symptômes ont diminué chez deux tiers des patients au bout de trois mois. Précisions avec Luc Mallet, psychiatre et directeur de l'équipe Inserm Avenir "Comportement, émotion et ganglions de la base".


Pourquoi utiliser la stimulation intracérébrale contre les TOC ?

LUC MALLET : Le traitement usuel de ce genre de troubles consiste à combiner thérapie comportementale et antidépresseurs. Mais chez un tiers des patients, cela ne donne aucun résultat. Or, certains malades sont tellement atteints par des comportements répétitifs qu'ils ne peuvent avoir aucune vie sociale. Les psychiatres cherchaient donc d'autres méthodes.

Et récemment, on a découvert que la stimulation intracérébrale profonde pouvait être efficace. Cette technique consiste à implanter deux microélectrodes dans le cerveau et à les alimenter par un stimulateur placé sous la peau. L'équipe de Bart Nuttin est la première à l'avoir utilisée pour les TOC à l'université catholique de Louvain en 1999. Depuis, on tâtonne pour savoir quelle zone stimuler. Nous sommes les premiers à tester les noyaux sous-thalamiques [1] .

Pourquoi choisir cette zone ?

Les noyaux sous-thalamiques sont impliqués dans les troubles moteurs de la maladie de Parkinson. En 2002, en stimulant cette zone chez des « parkinsoniens », on a découvert fortuitement que cela réduisait les TOC dont ces patients souffraient également. Après avoir étudié ces noyaux, nous pensons aujourd'hui qu'il s'agit d'un carrefour de traitement des informations motrices, émotionnelles et cognitives, essentiel à l'équilibre du comportement. Leur dérèglement pourrait donc contribuer aux TOC.

Comment avez-vous mené votre étude ?

Nous avons réparti nos seize patients, tous sévèrement atteints, en deux groupes. Tous ont été implantés au début mais chaque groupe a été stimulé alternativement pendant trois mois, sans que les patients et les experts chargés de les évaluer connaissent la période de stimulation. C'est la première fois qu'une étude de ce type était menée de manière si contrôlée. Nous avons comparé les effets obtenus en période de stimulation et de non-stimulation. Dans l'ensemble, les résultats sont très encourageants. Chez deux tiers des patients, on note une nette amélioration : plus de 25 % de leurs symptômes ont disparu au bout de trois mois.

Cette technique est-elle risquée ?

Elle présente les risques d'hémorragie ou d'infection inhérents à toute opération neurochirurgicale. La stimulation elle-même peut provoquer des effets secondaires comportementaux, par exemple un état d'excitation transitoire, qui disparaît après un ajustement de certains paramètres.

Que peut-on en conclure ?

Il est trop tôt pour utiliser ce traitement en clinique. Nous devons suivre nos premiers patients pendant plusieurs années pour vérifier si leur amélioration se confirme. Nous voulons aussi tester deux zones voisines, le striatum ventral et le noyau accumbens, afin de trouver la localisation la plus sûre et la plus efficace. [1]

 

 

Propos recueillis par Marie-Laure Théodule

http://www.larecherche.fr/content/actualite/article?id=24697

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article