
Au lieu-dit «au-dessus de Bergis», une zone pavillonnaire va être agrandie. Son exploration archéologique préventive par l'INRAP a révélé plus de 300 fosses, alignées en rang, régulièrement espacées et séparées par une distance multiple du pied romain (29,6 centimètres). Le tout est entouré d'un fossé périphérique. D'après les débris de poteries que l'on y a découverts, le champ remonterait au Ier siècle de notre ère. De 130 centimètres de long, d'un peu moins de 60 centimètres de large, chaque fosse est rectangulaire. Quand on coupe verticalement la terre qui la remplit, on voit l'empreinte laissée par un arbuste et ses racines.
Une vigne ? La disposition de la plantation ne laisse guère de doute, car elle rejoint celle des autres vignes gallo-romaines connues. Pline ne mentionne pas les Éduens, mais son commentaire suggère que ceux-ci, comme tous les voisins des Allobroges, ont adopté l'allobrogica, le cépage gaulois que l'on cultivait dans le «Viennois» (le Lyonnais) au Ier siècle de notre ère. Pour le savoir, il faudrait retrouver un pépin de raisin. Quoi qu'il en soit, ni les vignes du Lyonnais, ni celles de Côte-d'Or ne peuvent prétendre être les plus anciennes de France. Tant les milliers d'amphores massaliotes que les vignes grecques découvertes non loin de Marseille montrent que, dès leur arrivée dans les Gaules au VIe siècle avant notre ère, les Phocéens ont lancé puis développé énormément la viticulture.

INRAP
Vue aérienne de la vigne du Ier siècle de notre ère découverte en Côte-d'Or. Les fosses où étaient plantées les vignes sont alignées. Les zones blanches correspondent à l'implantation d'un habitat néolithique bien antérieur à l'époque gallo-romaine.
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