Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Coup de vieux pour les vertébrés terrestres / Les premiers dinosaures plus vieux de dix millions d'années

Des empreintes fossiles découvertes en Pologne vieillissent de plusieurs millions d’années les premiers vertébrés terrestres.

En 2002, Grzegorz Niedźwiedzki, doctorant à l’université de Varsovie, découvre des empreintes fossiles très particulières sur le site de Zachelmie, au sud-est de la Pologne. Des empreintes de pattes, avec des doigts bien visibles. Des empreintes de vertébrés terrestres, des tétrapodes. La surprise est totale. En effet, les roches où sont inscrites ces empreintes datent de presque 400 millions d’années. Une époque où, pensait-on, il n’existait encore que des formes intermédiaires entre poissons et tétrapodes, dépourvues de pattes articulées. L’année suivante, sur le même site, son collègue Piotr Szrek met au jour des traces similaires. Les deux jeunes paléontologues prennent alors contact avec Per Ahlberg, spécialiste mondial des premiers vertébrés terrestres. Leurs conclusions viennent d’être publiées dans la revue Nature : les empreintes de Zachelmie sont bel et bien celles de tétrapodes (1).

Chronologie rectifiée. Ces derniers seraient donc apparus au moins 20 millions d’années plus tôt qu’on ne le pensait. « Même si la preuve décisive serait la découverte d’un squelette, on voit mal quel autre animal qu’un tétrapode aurait pu laisser de telles traces ! », confirme Philippe Janvier, du Muséum national d’histoire naturelle. « Et cette découverte change notablement la chronologie de la divergence entre les premiers tétrapodes et leurs plus proches parents poissons. » Jusqu’ici, on pensait en effet que cette divergence remontait à environ 390 millions d’années. Cette hypothèse était en particulier appuyée par la découverte, en 2006, de Tiktaalik, fossile de 380 millions d’années présentant à la fois des caractéristiques de poisson et de tétrapode. « Or, les empreintes de Zachelmie montrent que Tiktaalik serait non pas un ancêtre des premiers tétrapodes, mais leur contemporain, explique Philippe Janvier. La divergence entre poissons et tétrapodes aurait donc eu lieu beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait, peut-être bien avant 400 millions d’années ».

Milieu marin. Ce n’est pas tout. En effet, les empreintes de Zachelmie remettent aussi en cause l’idée selon laquelle la transition entre poissons et tétrapodes aurait eu lieu en eau douce. Cette théorie, qui remonte à la fin du XIXe siècle, s’appuie par exemple sur le fait que les amphibiens actuels sont adaptés à l’eau douce. Pourquoi cela n’aurait-il pas été le cas de leurs ancêtres, 400 millions d’années plus tôt ? De plus, les poissons actuels les plus proches des tétrapodes, les dipneustes, vivent aussi tous en eau douce. Mais les sédiments de Zachelmie sont des sédiments marins, dont on pense qu’ils recouvraient le sol d’un lagon de faible profondeur, ou d’une zone de balancement des marées. Le paléontologue australien John Long avait déjà signalé, en 2006, certaines ressemblances anatomiques troublantes entre les premiers tétrapodes connus et Gogonasus, un poisson typiquement marin de 380 millions d’années. « Avec la découverte des empreintes de Zachelmie, il est probable que l’idée selon laquelle les tétrapodes auraient émergé d’un milieu marin reçoive de plus en plus de considération », conclut Philippe Janvier.

Dora Courbon

http://www.larecherche.fr/content/actualite-vie/article?id=27183

(1) G. Niedźwiedzki et al., Nature, 463, 43, 2010.

La découverte en Tanzanie d'une espèce très proche des dinosaures, mais plus ancienne, suggère que le superordre des dinosaures a pu apparaître plus tôt que l'on ne pensait.

François Savatier

Asilisaurus kongwe, une nouvelle espèce proche des dinosaures, mais antérieure, vient d'être découverte. Sterling Nessbitt, de l'Université du Texas et ses collègues ont mis au jour, dans le fond d'un oued asséché près de la ville de Litulba Ndyosi, en Tanzanie, des os fossilisés d'au moins 14 individus ainsi que ceux de nombreux crocodiliens primitifs. Cette abondance leur a permis de reconstruire presque entièrement le squelette d'Asilisaurus kongwe.

Les individus retrouvés mesuraient de 50 centimètres à un mètre de haut pour une longueur de un à trois mètres. Pesant de 10 à 30 kilogrammes, ils avaient un régime omnivore. Toutefois, l'aspect le plus fascinant d'Asilisaurus kongwe est qu'il a été trouvé dans des strates datant de 240 millions d'années, c'est-à-dire au début du Trias (251 à 200 millions d'années). La découverte d'une forme aussi proche des dinosaures à une telle époque suggère que les dinosaures et les reptiles qui leur sont apparentés, tels les ptérosaures, existaient bien plus tôt que ce que l'on pensait.

Asilisaurus kongwe fait en effet partie des silesaures, un superordre voisin de celui des dinosaures, et qui a prospéré avec lui durant la plus grande partie du Trias. Sur le plan anatomique, le lien entre silesaures et dinosaures est analogue à celui entre humains et chimpanzés : les silesaures ont beaucoup de caractéristiques squelettiques dinosauriennes, mais certains détails osseux les distinguent des dinosauriens.

Les premiers dinosaures connus ont été découverts dans des terrains vieux de 230 millions d'années au plus. La découverte que les parents les plus proches des dinosaures vivaient déjà dix millions d'années avant les premiers dinosaures connus suggère donc fortement que dinosaures et silesaures avaient déjà divergé à partir d'un ancêtre commun à cette époque. Il semble donc qu'il y avait déjà des dinosaures il y a 240 millions d'années. Où sont leurs fossiles ?

 

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-les-premiers-dinosaures-plus-vieux-de-dix-millions-d-annees-24642.php

Les premiers dinosaures plus vieux de dix millions d'années
Marlene Hill Donnelly, Field Museum

Une reconstitution de d'Asilisaurus kongwe dans son environnement.

à voir aussi

Marlene Hill Donnelly, Field Museum.
Asilisaurus kongwe avait des dents triangulaires, qui signent un régime omnivore ou herbivore.

Pour en savoir plus

Nesbitt et al., Ecologically distinct dinosaurian sister group shows early diversification of Ornithodira, Nature, vol. 464, pp. 95-98, 4 mars  2010.

L'auteur

François Savatier est journaliste à Pour la Science.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article