Un petit morceau de génome a voyagé d'un serpent à un rongeur en se faisant transporter par un virus. Le principe de cette transmission horizontale était connu mais des chercheurs ont pu suivre l'autostoppeur à la trace.
C'est une drôle de piste qu'ont suivie deux chercheurs, l'un Japonais, l'autre Américain. Elle les a conduits à un jeu de saute-mouton entre un reptile et un mammifère. Ces généticiens s'intéressaient à un groupe de virus, Orthopoxvirus ou OPV, les êtres les plus pathogènes de la Terre, qui comptent parmi eux l'agent de la variole.
Les cousinages au sein de cette famille se découvrent petit à petit. Ainsi, le virus taterapox (TATV), découvert en 1968 chez une gerbille africaine, Tatera valida, (un charmant petit rongeur), s'est révélé appartenir à ce groupe. Oliver Piskurek et Norihiro Okada, de l'Institut de Technologie de Tokyo, ont observé une curieuse similitude entre le génome de ce TATV et celui de virus infectant des lézards et des serpents.