« considérez votre nature d'hommes : vous n'avez pas été créés pour vivre comme des brutes, mais pour chercher à acquérir vertu et connaissances » Dantes. La Divine Comédie. L'enfer. Chant XXVI
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Platynereis dumerili
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Des neurologues ont identifié une enzyme impliquée dans les troubles cognitifs dus à la privation de sommeil. Le manque de sommeil prolongé a de graves conséquences : difficultés de concentration et de mémorisation, ou encore troubles de l'apprentissage sont les répercussions les plus fréquentes. Elles sont généralement passagères, mais deviennent handicapantes quand la privation de sommeil est chronique. Ted Abel et ses collègues du Département de biologie de l'Université de Pennsylvanie à Philadelphie, en ont élucidé un mécanisme. Ils ont montré que des souris privées de sommeil présentent une augmentation de la concentration en enzyme PDE4 (phosphodiestérase 4) dans l'hippocampe – une zone du cerveau essentielle à la mémorisation et à l'apprentissage – en même temps qu'une diminution de la concentration en AMPc (adénosine monophosphate cyclique). L'AMPc assure le maintien des connexions synaptiques dans l'hippocampe, processus indispensable à l'apprentissage. Ensuite, les chercheurs ont testé la mémoire contextuelle des souris – celle qui permet l'acquisition des informations spatio-temporelles et répond aux questions « où ? », « quand ? », « comment ? ». Ils ont transféré les souris dans une nouvelle cage de dimension et d'odeur différentes, puis, au bout de quelques minutes, ils les ont soumises à une décharge lumineuse pour induire un stress, et les ont enfin privées de sommeil durant cinq heures. Quelques heures plus tard, les chercheurs ont administré à la moitié d'entre elles une substance inhibitrice de l'enzyme phosphodiestérase. Ils ont alors observé que celles qui ont reçu le traitement récupèrent des déficits cognitifs (stress et immobilité) provoqués par le manque de sommeil. De surcroît, elles retrouvent une concentration moléculaire normale en AMPc. L'inhibiteur de l'enzyme PDE4 contrecarre donc les effets sur la mémoire d'une privation de sommeil. D'après les auteurs, ce circuit moléculaire – en partie responsable des déficits cognitifs dus au manque de sommeil – offre une piste pour traiter les troubles de la mémoire chez les sujets handicapés par un manque de sommeil chronique. Cette première étude chez la souris donne des résultats encourageants. Ce traitement fournirait-il une piste pour soulager les insomniaques ? Il serait prématuré, voire faux, de l'affirmer. En effet, selon la neurologue Isabelle Arnulf, responsable de l'Unité des pathologies du sommeil à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, les auteurs s'intéressent ici aux effets d'une privation volontaire de sommeil chez des sujets normaux et non pas chez des insomniaques – des personnes en hyperéveil. Les populations touchées se distinguent par leur profil et leur mode de vie. Les personnes en privation chroniques de sommeil sont dans la majorité des cas des adolescents ou de jeunes adultes qui se laissent facilement absorber par des distractions nocturnes (télévision, jeux vidéos, messageries, etc.) au lieu de dormir, tandis que les insomniaques sont des sujets qui cherchent à dormir sans y parvenir efficacement. |
© Nicole Waring
La privation de sommeil répétée perturbe le comportement, et il n'est pas rare que les personnes concernées « tombent » de sommeil dans la journée. L'auteurÉmilie Auvrouin est journaliste à Pour la Science.
Pour en savoir plusT. Abel et al., Sleep deprivation impairs cAMP signalling in the hippocampus, Nature, vol. 461, pp. 1122-1125, 2009.
http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-une-piste-pour-lutter-contre-le-manque-de-sommeil-23685.php
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Publié par trichard à 11:58:50 dans PHYSIOLOGIE | Commentaires (0) | Permaliens
Manger trop de bonbons rend-il violent ?
Apparemment, d'après une étude britannique ayant suivi le devenir de 17 500 enfants de l'âge de 10 ans jusqu'à 34 ans. Les résultats montrent qu'environ 70 pour cent des adultes ayant fait l'objet de condamnations pour des délits d'agression ou de comportements violents avaient l'habitude de manger quotidiennement des sucreries lorsqu'ils avaient dix ans.
Que contiennent les bonbons, qui rend les enfants si violents ? Rien, à en croire Simon Moore, l'un des auteurs de l'étude. Mais les enfants qui mangent des bonbons en permanence n'ont pas l'habitude d'affronter le refus des parents ; dès leur plus jeune âge, tous leurs désirs sont satisfaits. Cette situation favoriserait les comportements impulsifs, c'est-à-dire la difficulté de se contrôler et de supporter la contradiction. Autant de facteurs qui prédisposent aux écarts de conduite et aux réactions agressives en situations de conflit ou de contrariété, à l'âge adulte.
http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-violence-et-bonbons-23697.php
Publié par trichard à 19:26:50 dans PHYSIOLOGIE | Commentaires (0) | Permaliens
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Les femmes détectent mieux la peur et le dégoût que les hommes et expriment mieux ces émotions. Combien de temps vous faut-il pour décoder une émotion sur un visage ? Si vous êtes une femme, vous serez sans doute plus rapide qu'un homme. C'est ce qu'ont montré des neuropsychologues de l'Université de Montréal en mesurant ce laps de temps chez 23 femmes et 23 hommes âgés de 18 à 43 ans, sans troubles neurologiques ou psychiatriques. Ces sujets avaient pour consigne d'identifier le plus vite possible la peur ou le dégoût sur le visage d'acteurs et d'actrices filmés pendant 500 millisecondes: les comédiens partaient d'une attitude neutre et simulaient l'une ou l'autre des émotions. Les sujets ont répondu en 150 à 2000 millisecondes, et les psychologues ont observé que les femmes répondaient plus vite, que le stimulus soit seulement visuel, seulement auditif ou les deux. En outre, peur et dégoût étaient mieux différenciés lorsque l'acteur était... une actrice. Cette étude suggère que non seulement les femmes décryptent mieux les émotions, mais qu'elles les expriment aussi plus clairement. Ces différences comportementales pourraient être dues à des variations neuroanatomiques des régions du cerveau impliquées dans le traitement des émotions, comme les noyaux amygdaliens. Plusieurs études ont montré de telles variations d'un sexe à l'autre dans l'architecture, la fonction ou l'activité de ces régions. L'origine de ces différences reste à préciser. D'une part, certaines différences décelables très tôt chez l'enfant, comme la préférence de jouets selon le sexe de l'enfant, seraient inscrites dans les gènes. Les psychologues évolutionnistes proposent qu'au fil des millénaires, la femme ait acquis une disposition biologique à traiter plus efficacement les émotions pour mieux répondre aux besoins des nouveau-nés et mieux protéger sa progéniture d'un adulte menaçant. D'autre part, les facteurs socio-culturels jouent aussi certainement un rôle dans la perception différente des émotions chez l'homme et la femme. Dès les années 1970, des psychologues ont proposé que les stéréotypes sur le rôle de l'homme et de la femme dans nos sociétés influent sur leur comportement, encourageant par exemple les femmes à être à l'écoute des autres. Cet apprentissage développerait leurs capacités de jugement des émotions d'autrui. Ces travaux précisent un domaine très étudié depuis quelques années, celui des émotions, dont les neuroscientifiques mesurent de plus en plus le rôle essentiel dans le comportement individuel et social. Par ailleurs, on sait que certaines maladies mentales affectent différemment les hommes et les femmes. C'est, par exemple, le cas de l'autisme, qui touche plus les hommes que les femmes, et qui se manifeste notamment par des difficultés à reconnaître et à exprimer des émotions faciales. Les travaux sur la reconnaissance des émotions apporteront peut-être quelques éléments pour mieux comprendre ces troubles.
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Collignon et al., Neuropsychologia, 2009
Peur ou dégoût? A vous de voir… Ces images sont extraites des films présentés à des hommes et à des femmes qui devaient identifier l'émotion faciale le plus rapidement possible. Pour en savoir plusO. Collignon et al., Women process multisensory emotion expressions more efficiently than men, Neuropsychologia, 2009 (sous presse).
L'auteurMarie-Neige Cordonnier est journaliste à Pour la Science.
http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-detection-des-emotions-les-femmes-s-en-sortent-mieux-23746.php
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Publié par trichard à 15:21:06 dans PHYSIOLOGIE | Commentaires (0) | Permaliens
http://www.larecherche.fr/content/actualite-sante/article?id=26678
Rendu public il y a quelques jours, le rapport de l’Opecst sur les incidences éventuelles sur la santé de la téléphonie mobile tranche avec les récentes déclarations de l’Afsset.
Lors de la présentation du rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) sur « les incidences éventuelles sur la santé de la téléphonie mobile », le député Alain Geist s’est voulu rassurant : « Il n’y a pas de risques sanitaires avérés en ce qui concerne l’usage des téléphones portables pour des durées de moins de 10 ans. Mais des interrogations demeurent pour les effets à long terme, même si aucun mécanisme biologique ne plaide actuellement en faveur de cette hypothèse ». Dans la salle, un journaliste a aussitôt demandé au député de commenter l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), publié il y a quelques semaines sur le même sujet. Visiblement agacé, le député a salué l’excellent travail effectué par l’Agence. Avant de lâcher : « Nos conclusions vont dans le même sens, mais je regrette la présentation biaisée du rapport de l’Afsset. Ce que les gens en ont retenu malheureusement, ce sont les très légers doutes soulevés, balayant d’un revers de main des pages et des pages de négations ».
Un rappel des faits s’impose. Le 15 octobre 2009, après s’être procuré des exemplaires du rapport de l‘Afsset, Le Monde et Le Figaro titrent respectivement « Exposition aux radiofréquences : aucune preuve convaincante d’un effet biologique » et « Antennes-relais, portables : le rapport qui rassure ». Dans la journée, Martin Guespereau, directeur de l’Afsset, tient une conférence de presse. « La science, ce n’est jamais au poids, souligne-t-il. N’attendons pas que les signaux deviennent des pathologies pour avancer dans la réduction des expositions ». Quant au communiqué de presse, il indique l’existence d’effets des radiofréquences sur des fonctions cellulaires, rapportés par une dizaine d’études expérimentales considérées comme « incontestables ». Il n’en faut pas plus aux associations pour crier victoire : « Cet avis rompt avec la prétendue unanimité scientifique, puisqu’il ose reconnaître une incertitude en matière de téléphonie mobile », estime Janine Le Calvez, du Priartem. Dès le lendemain, les deux quotidiens nationaux publient des articles plus mesurés. C’est à n’y rien comprendre !
Des chercheurs découragés. «Il s’agit là d’un cas classique, souligne Bernard Veyret, du laboratoire de l’Intégration du matériau au système (IMS) à Bordeaux. Quand on lit le rapport de l’Afsset, les conclusions vont dans le sens de la plupart des publications scientifiques déjà publiées. Il n’y a rien de nouveau. Mais pendant la conférence de presse, l’accent a été mis sur 9 études, certes rigoureuses mais non pertinentes selon moi, montrant des effets biologiques des radiofréquences, contre 82 qui n’en montrent pas ». Et d’ajouter : « Il y a de quoi décourager les chercheurs, puisqu’au final, leur travail semble ne pas être pris en compte ». De son côté, Stéphane Kerckhove, de l’association Agir pour l’environnement, se montre satisfait : « Alors que certains experts ont failli refuser de signer le rapport, qu’ils estimaient trop favorables aux opérateurs, cet avis marque enfin une rupture avec la stratégie de déni de la direction précédente ».
Dans les faits, les recommandations de l’Afsset s’alignent pourtant sur celles de l’Opecst. À savoir : privilégier la poursuite de recherches sur les risques éventuels des téléphones portables, favoriser les innovations destinées à baisser le niveau d’exposition (oreillettes rétractables ou coques anti-ondes) et inciter opérateurs et fabricants à une meilleure transparence. Et ce, via l’inscription du débit d’absorption spécifique (DAS) sur le téléphone portable ou l’amélioration du site Cartoradio.fr, sur lequel on retrouve la localisation de toutes les antennes en France, ainsi que les mesures réalisées à proximité.
En outre, l’Opesct encourage la mise en place d’une structure de recherche indépendante et pluridisciplinaire, incluant les travaux des laboratoires privés. Pour financer celle-ci, une taxe de 0,50 euros sur chaque téléphone vendu est envisagée et devrait faire l’objet d’une proposition de loi. Les deux rapports s’accordent aussi sur la nécessité pour la France d’initier une démarche internationale sur ces questions. Et reconnaissent aussi le besoin d’en savoir plus sur les problèmes rencontrés par les personnes se déclarant hypersensibles, en soutenant les associations concernées.
Jeux de rhétorique. En résumé, l’Afsset et l’Opesct aboutissent donc aux mêmes conclusions. Mais par des jeux de rhétorique, le message officiel diffère. En quoi cela est-il important ? « Cela risque de compliquer la communication auprès du grand public, déjà difficile » reconnaît Alain Geist. Avant de rappeler que si, en France, les études scientifiques sur les liens entre téléphones portables et santé suscitent autant de méfiance, c’est en partie à cause d’Interphone. Voilà deux ans que les résultats de cette vaste étude épidémiologique sont attendus, suscitant de nombreuses rumeurs. Le Centre international de recherche sur le cancer a toutefois annoncé sa publication dans les semaines qui viennent. Mais cela servira-t-il à recentrer le débat ? Rien n’est moins sûr. Notre enquête publiée en septembre révélait que faute de s’être entendus sur l’interprétation des données, deux camps se sont formés parmi les chercheurs. Au final, deux conclusions différentes seront publiées. Voilà qui risque de ne pas jouer en faveur des chercheurs, « que l’on entend pas assez en France », regrette Alain Geist.
Cédric Duval
Publié par trichard à 12:06:52 dans PHYSIOLOGIE | Commentaires (0) | Permaliens

Les résultats d’une équipe américaine suggèrent qu’un virus pourrait être en cause dans la survenue du cancer de la prostate(© R. Schlaberg/Dpt of pathology/Univ. of Utah)
Questions à l’expert Lluis Fajas, directeur de recherche Inserm à l’institut de recherche en cancérologie de Montpellier et spécialiste du cancer de la prostate.
Un virus pourrait-il être en cause dans la survenue du cancer de la prostate ?
L.F. C’est ce que suggèrent les récents résultats d’une équipe américaine. En analysant 334 échantillons de tissus de prostate humaine, ces scientifiques ont détecté des protéines d’un virus connu, le XMRV, dans 23 % des tissus cancéreux contre 4 % dans les tissus sains. De plus, leur présence est corrélée aux tumeurs les plus agressives. Enfin, la localisation de ces protéines virales au sein du réseau cellulaire des tumeurs rappelle un processus de cancérogenèse classique (1). Au final, le virus XMRV semble bien lié au cancer de la prostate. Mais le réel lien de causalité reste à démontrer.
Que sait-on de ce virus ?
L.F. Jusqu’ici, on savait que le virus XMRV fait partie du genre des gammarétrovirus connus pour provoquer des leucémies et certaines tumeurs malignes chez de multiples espèces de rongeurs, de félins et de primates. Mais cette étude a permis de le définir plus précisément. Les chercheurs ont en effet découvert qu’il est fortement apparenté au virus de la leucémie contracté par la souris. Toutefois, il n’a jamais été identifié comme une cause de cancers humains.
Quels points devront éclaircir les futures études sur le sujet ?
L.F. Pour déterminer si le virus est réellement impliqué dans la maladie, des expérimentations in vitro et animales devront être menées, ainsi que des études épidémiologiques. Puis il s’agira de comprendre son mode d’action : pousse-t- il les cellules infectées à exprimer des gènes associés au cancer ? Les protéines virales ont-elle une action plus directe, etc. ? Bien que le virus XMRV ne semble se multiplier efficacement que dans des lignées de cellules dérivées de cancers de la prostate, il serait intéressant de savoir s’il n’est pas associé à des cancers d’autres tissus, notamment gynécologiques.
Quelles applications médicales pourraient découler de cette découverte ?
L.F. Si la responsabilité du virus est avérée, cette découverte pourrait ouvrir la voie au développement de biomarqueurs pour identifier les sujets à risque, et à des antirétroviraux spécifiques pour les traiter préventivement. Des travaux pourraient également s’engager pour la mise au point d’un vaccin, comme il en existe déjà contre certains types de papillomavirus impliqués dans le cancer du col de l’utérus. Dernier point important : contrairement à ce qu’avait indiqué une publication précédente (2), cette étude révèle que l’infection par le XMRV n’est pas liée à un profil génétique particulier de patients. Ainsi, tous les hommes seraient sensibles au virus.
Propos recueillis par J.-P. Braly
(1) R. Schlaberg et al., PNAS, 106, 16351, 2009.
(2) A. Urisman et al., PLoS Pathogens, doi:10.1371/journal.ppat.0020025, 2006.
http://www.larecherche.fr/content/actualite-sante/article?id=26661
Publié par trichard à 20:25:12 dans PHYSIOLOGIE | Commentaires (0) | Permaliens
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