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Mon petit cahier de sciences naturelles

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Sur la piste d'un très grand théropode du Jurassique | 16 octobre 2009

La trace d'un dinosaure prédateur de cinq à six tonnes, datant d'il y a 155 millions d'années, a été découverte à Loulle dans le Jura.

François Savatier

Du lourd ; du très lourd ; du très très lourd... Jean-Michel Mazin et Pierre Hantzpergue, les deux paléontologues de l'Université de Lyon n'en reviennent pas. À Loulle dans le Jura, ils ont découvert la trace laissée par un énorme théropode sur un glacis littoral il y a quelque 155 millions d'années, donc au Jurassique (environ –200 à –142 millions d'années). Or ce genre de traces est rarissime: jusqu'à présent, des traces de cette taille (environ 80 centimètres) n'avaient été signalé qu'en Angleterre et dans le Jura suisse.

L'animal devait mesurer sept à huit mètres de long et peser jusqu'à six tonnes, estime Jean-Michel Mazin ; ce qui le place dans la même classe de taille et de poids que le célèbre Tyrannosaurus rex américain, qui vivait au Crétacé (142 à 65 millions d'années). Que faisait-il ? Il suivait sans doute son garde-manger, c'est-à-dire quelque grand herbivore de la superfamille des sauropodes, dont les traces sont aussi imprimées par centaines sur le même site. Les paléontologues ignorent pourquoi tant de sauropodes ont foulé les boues calcaires plutôt sèches mais assez plastiques pour imprimer leurs traces, qui recouvraient cette plaine littorale jurassique. Ils supposent que l'endroit était un passage obligé vers des ressources végétales importantes – algues de mer ou de lagune, feuillages d'arbres, fougères.

Dans le massif jurassien, deux autres sites – Coisia dans le département du Jura, en France, et Courtedoux, dans le canton suisse du Jura – comportent de nombreuses traces de sauropodes et de théropodes. Dans les deux cas, elles ont une orientation privilégiée. «À Loulle, et c'est là l'un de grands intérêts spécifique du site, on peut observer toute une variété de traces de sauropodes correspondant au moins à deux espèces et à toute une série de tailles, souligne Pierre Hantzpergue, et comme le site est plus ancien de quelques millions d'années que ceux de Coisia et de Courtedoux, les informations recueillies seront significatives quant à l'évolution des sauropodes.»

Malheureusement, le fond de carrière où ont été découvertes les traces est fragile. Les infiltrations d'eau combinées au gel dégradent la surface d'hiver en hiver, et puisque pour le moment il n'est pas aménagé, les milliers de curieux qui, sans discipline, le piétinent en été, lui font courir encore plus de risques. Des mesures de protection s'imposent d'urgence si les Jurassiens veulent garder cette ressource.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-sur-la-piste-d-un-tres-grand-theropode-23507.php

 


Sur la piste d'un très grand théropode
Université de Lyon

Sur la boue rendue fraiche par la nuit, il semble que le gros théropode de Loulle vient de passer. En fait, c'était il y a 155 millions d'années………

à voir aussi

Université de Lyon
Avec sa forme de demie lune, cette trace trouvée dans la carrière de Loulle est caractéristique des sauropodes.
Université de Lyon
Le fond de carrière de Loulle, où ont été retrouvées de très nombreuses empreintes de sauropodes et de théropodes est malheureusement d'une structure fragile. Formant un creux, il concentre les infiltrations d'eau. En hiver, le gel contribue à déranger le sédiment qui fixé les empreintes; en été, les visiteurs indisciplinés foulent la surface. Sans mesures de protection, il est probable que ce témoignage de la vie animale de la fin du Jurassique va rapidement s'effacer.

Publié par trichard à 10:02:56 dans PHYLOGENIE | Commentaires (0) |

L'atterrissage des ptérosaures élucidé | 25 septembre 2009

Les traces de l'atterrissage d'un ptérosaure attestent que ce reptile volant se posait comme les oiseaux, avant de se déplacer à quatre pattes.
François Savatier

Il y a quelque 150 millions d'années, à Crayssac dans le Lot, une plage de sédiments fins a enregistré l'atterrissage d'un ptérosaure. Jean-Michel Mazin, de l'Université de Lyon et des collègues, ont montré que l'animal a rebondi sur ses deux pieds avant de poser ses mains pour marcher.

Chez le ptérosaure, les phalanges du petit doigt, hypertrophiées, servaient à tendre une membrane alaire, que l'animal devait replier vers l'arrière afin de marcher en s'appuyant sur les trois doigts non disproportionnés de sa main. L'encombrement des ailes l'obligeait à poser ses mains plus loin de l'axe du corps que ses pieds. Unique chez les quadrupèdes, cette caractéristique permet d'identifier au premier coup d'œil une piste créée par la marche d'un ptérosaure.

La marche n'explique toutefois qu'en partie la piste étudiée par l'équipe de J.-M. Mazin. Elle commence brusquement par une paire d'empreintes de pieds non accompagnées d'empreintes de mains. Le reptile aurait-il, pour reculer, projeté ses pieds vers l'arrière ? La faible profondeur du trou du talon dans ces premières empreintes et les traces allongées laissées par les griffes suggèrent au contraire que les pieds ont été immédiatement projetés vers l'avant. Viennent ensuite des empreintes de pieds accompagnées de celles de mains, avant que les motifs habituels de la marche ptérosaurienne ne se reproduisent, à ceci près que le ptérosaure semble avoir amorcé peu après un virage à gauche. Peut-il s'agir là des traces d'une arrivée à la nage ? Non, car le sol marin aurait alors été griffé avant que n'apparaissent des empreintes.

Pour les chercheurs, l'atterrissage d'un petit ptérosaure est l'explication la plus plausible. Ils ne peuvent savoir si l'animal volant s'est approché par un vol plané rasant (comme les goélands) ou par un vol battu descendant (comme les canards), mais il est certain qu'il a posé l'avant de ses pieds, puis ses talons, avant de rebondir pour aller incruster ses pieds puis ses mains dans le sol. Cette constatation suggère que les ptérosaures atterrissaient comme la plupart des oiseaux : en descendant vers le sol suivant un angle important, ils accentuent au dernier moment l'angle d'attaque de leur aile afin d'induire une brève augmentation de portance qui, faisant pivoter leur corps, les aide à présenter leurs pieds en avant. Pareil «savoir-faire» suggère une fois de plus que les ptérosaures étaient des animaux forts et habiles, à l'aise en vol comme à l'atterrissage. L'étaient-ils à l'envol ? Crayssac, qui a déjà livré plus de 30 pistes de ptérosaures, nous le confirmera peut-être un jour.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-l-atterrissage-des-pterosaures-elucide-23416.php


L'atterrissage des ptérosaures élucidé
(image extraite du film La plage aux ptérosaures réalisé par Pierre Saunier / CNRS
On savait qu'au sol, les ptérosaures étaient de bons quadrupèdes ; on sait aujourd'hui qu'ils atterrissaient comme le oiseaux.

à voir aussi

J.-M. Mazin, Université de Lyon
Ces traces de ptérosaure sont inhabituelles, car elles surgissent de nulle part et commencent par une paire d'empreintes de pieds (grosses taches rouges en bas). Sur la plage fossile de Crayssac (Lot), la sédimentation a été si fine que les traces sont difficiles à distinguer à l'œil nu, même en éclairage rasant. L'une des traces de main a disparu (en pointillés) à cause des mouvements de la boue dus à sa dessication. Les écailles de boue résultant de ce processus de dessèchement sont délimitées par des traits marrons. Il semble que juste après avoir atterri, le ptérosaure a entamé un virage vers la gauche (flèche), mais le reste des traces qu'il a laissées n'a pas été dégagé.

L'auteur

François Savatier est rédacteur à Pour la Science.

Pour en savoir plus

J.-M. Mazin et al., First record of a pterosaur landing trackway ,
Proc. R. Soc. B,  en ligne, 19 août 2009.

Publié par trichard à 10:19:51 dans PHYLOGENIE | Commentaires (0) |

Aristote, le perroquet épicurien | 16 septembre 2009

Les animaux peuvent ressentir du plaisir, mais aussi en avoir conscience

Sébastien Bohler

Un perroquet du nom d'Aristote, élevé à l'Université Laval de Québec, a réussi récemment à exprimer son plaisir de goûter une cuillerée de yaourt.

Cette prouesse est le fruit d'un long entraînement. D'abord, le maître d'Aristote lui a appris la signification de certains mots, tels que « gratte » ou « cacahuète ». Le perroquet a ensuite appris à associer le verbe donner à ces mots, pour obtenir les gratifications correspondantes en disant : « Donne gratte » ou « Donne cacahuète ». Puis un jour, le maître, pendant qu'il le grattait, lui dit : « Bon ». Dès lors, Aristote associa le fait d'être gratté au mot bon, et déclara : « Gratte bon. » Mais on pouvait toujours penser qu'il avait appris cette expression par simple association, du fait que son maître avait prononcé le mot bon au moment où il le grattait.

Mais vint le jour où Aristote, goûtant pour la première fois une cuillerée de yaourt, annonça de lui-même : « Yaourt bon. » Il avait associé le qualificatif bon à un nouvel aliment qui lui procurait du plaisir. C'était la preuve qu'il avait compris que le terme bon sert à exprimer le plaisir, indépendamment de sa cause.
Une expérience anecdotique ? Pas tant que cela. Car les recherches en psychologie montrent que la capacité d'exprimer ses émotions positives est une des clés pour vivre plus heureux. Une maxime très épicurienne pour le perroquet Aristote.

http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-aristote-le-perroquet-epicurien-23364.php


Aristote, le perroquet épicurien
J.-M. Thiriet

L'auteur

Sébastien Bohler est journaliste à Cerveau@Psycho.

Pour en savoir plus

M. Cabanac, Do birds experience sensory pleasure ?, in Evol. Psy., vol. 7, p. 40, 2009

Publié par trichard à 09:51:46 dans PHYLOGENIE | Commentaires (0) |

Sur la piste des protéines de dinosaure | 05 septembre 2009

© COURTESY OF MARIE H. SCHWEITZER/AAASLes os fossilisés de dinosaure renferment-ils, oui ou non, des fragments de protéines intacts ?

En 2007, Mary Schweitzer, de l’université de Caroline du Nord, à Raleigh, annonçait avoir retrouvé des fragments de protéines, du collagène, dans un os de Tyrannosaurus rex vieux de 68 millions d’années [1]. Une pluie de critiques s’abattit alors. Du collagène dans un fossile si ancien ? Comment expliquer qu’il ait résisté à l’usure du temps ? Jusque-là, le plus ancien collagène jamais retrouvé avait seulement quelques centaines de milliers d’années ! Pour la plupart des commentateurs, ce collagène résultait d’une contamination des échantillons. Mais, dans un nouvel article, Mary Schweitzer et ses collaborateurs annoncent avoir à nouveau identifié des fragments de protéines, cette fois dans les os d’un hadrosaure de 80 mil- Sur la piste des protéines de dinosaure lions d’années [2]. Que penser de ces résultats ?

Pour Eva-Maria Geigl, de l’institut Jacques-Monod, à Paris : « L’équipe de Mary Schweitzer a fait beaucoup d’efforts pour réfuter un à un les contre-arguments. » D’abord, des précautions particulières ont été prises lors des fouilles pour préserver le plus possible les os de toute contamination. Ensuite, ceux-ci ont été répartis entre le laboratoire de Mary Schweitzer et celui de Raghu Kallauri, à l’université Harvard. Et chaque équipe a utilisé sa propre méthode pour préparer et analyser les échantillons. Or, ces deux analyses ont conclu à la présence de collagène. Pour Eva-Maria Geigl : « On peut considérer ce résultat comme plausible, tant qu’une objection imparable n’est pas présentée. »

Mais tout le monde n’est pas convaincu. Ainsi Ludovic Orlando, de l’institut de génomique fonctionnelle de Lyon, reconnaît que cette nouvelle étude est plus probante que la précédente. Cela dit, il s’interroge sur deux points. D’abord, ce collagène ne porte pas certaines marques de dégradation qu’il serait normal de trouver, ce qui laisse planer un doute sur son ancienneté. En outre, les analyses menées ne permettent pas d’exclure l’hypothèse avancée en 2008 par une équipe du muséum de Seattle : ce qui apparaît comme du tissu osseux pourrait être du biofi lm bactérien [3]. Pour ces deux raisons, et « en dépit d’un très fort désir que Mary Schweitzer ait raison », il reste réservé. En attendant un prochain article, qui lèverait ces ultimes doutes.

Frédéric Woirgard

http://www.larecherche.fr/content/actualite/article?id=25990

Publié par trichard à 09:38:45 dans PHYLOGENIE | Commentaires (0) |

Varanus komodoensis venimeux | 02 juin 2009

A central role for venom in predation by Varanus komodoensis (Komodo Dragon) and the extinct giant Varanus (Megalania) priscus

  1. Edited by David B. Wake, University of California, Berkeley, CA, and approved April 16, 2009 (received for review October 28, 2008)

Abstract

The predatory ecology of Varanus komodoensis (Komodo Dragon) has been a subject of long-standing interest and considerable conjecture. Here, we investigate the roles and potential interplay between cranial mechanics, toxic bacteria, and venom. Our analyses point to the presence of a sophisticated combined-arsenal killing apparatus. We find that the lightweight skull is relatively poorly adapted to generate high bite forces but better adapted to resist high pulling loads. We reject the popular notion regarding toxic bacteria utilization. Instead, we demonstrate that the effects of deep wounds inflicted are potentiated through venom with toxic activities including anticoagulation and shock induction. Anatomical comparisons of V. komodoensis with V. (Megalania) priscus fossils suggest that the closely related extinct giant was the largest venomous animal to have ever lived.

http://www.pnas.org/content/early/2009/05/15/0810883106.abstract

Publié par trichard à 12:21:14 dans PHYLOGENIE | Commentaires (0) |

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