"Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito". A.Einstein
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Des chercheurs français ont réussi pour la première fois à supprimer la réduction du nombre de chromosomes et la recombinaison génétique durant la formation des cellules sexuelles chez une plante.
Jean-Jacques PerrierChez les organismes sexués, les cellules sexuelles, ou gamètes, se forment grâce à un mécanisme de deux divisions successives, la méiose, qui réduit le nombre de chromosomes de moitié. La cellule germinale mère comprend deux ensembles de chromosomes homologues d'origine paternelle et maternelle ; elle est dite diploïde (2n). En revanche, chaque gamète, issu de la cellule germinale mère, ne comprend plus qu'un seul ensemble de chromosomes formés par les échanges (recombinaisons ou « crossing-over ») entre chromosomes homologues ; les gamètes sont dits haploïdes (n). À la fécondation, l'union de deux gamètes (n + n) donne un embryon diploïde.
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I. d'Erfurth et al., Inra/PLoS Biology
Chez les mutants MiMe de l'arabette, le stock de chromosomes (ploïdie) double à chaque génération : d'abord égal à 2n (en A, 10 chromosomes), il passe à 4n (en B, 20 chromosomes) et à 8n (en C et en haut, 40 chromosomes). La colonne de gauche montre un stade de la mitose nommé métaphase (barre d'échelle : 10 micromètres). A droite, les plantes et les fleurs correspondantes, à quatre semaines (barres d'échelle : 2 centimètres et 1 millimètre). POUR EN SAVOIR PLUSI. d'Erfurth et al., Turning meiosis into mitosis, PLoS Biol., vol. 7, e1000124, 2009.
Projet européen COST « Harnessing plant reproduction for crop improvement » |
Publié par trichard à 21:16:30 dans CYTOLOGIE | Commentaires (1) | Permaliens
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Des équipes américaines ont montré, chez la souris, que l'administration de petites molécules nommées microARN inhibe la prolifération de cellules cancéreuses ou la formation de métastases.
Jean-Jacques PerrierLes microARN sont de petites molécules d'ARN qui régulent l'expression des gènes en interagissant avec les ARN messagers, transcrits à partir des gènes. Ces dernières années, les scientifiques ont observé que beaucoup de tumeurs cancéreuses sont caractérisées par une composition anormale en microARN, certains étant produits en trop, d'autres en moins grande quantité. L'équipe de Joshua Mendell, à l'Université Johns Hopkins de Baltimore, a ainsi montré que les tumeurs hépatiques humaines produisent beaucoup moins de microARN 26a, ou miR-26a, que les cellules de foie normal. Ce microARN est connu pour inhiber l'expression des gènes de cyclines, des protéines qui interviennent dans le cycle et la division cellulaires. De ce fait, in vitro, cette molécule bloque la prolifération de cellules cancéreuses hépatiques.
http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-cancer-vers-des-microarn-therapeutiques-22556.php |
J. Kota et al./ Johns Hopkins Univ.
Un marqueur fluorescent rouge (dit TUNEL) révèle sur ces images la mort cellulaire par apoptose dans des tumeurs de foie chez la souris ; une coloration bleue des noyaux cellulaires est superposée. Des tumeurs ont reçu un vecteur adéno-viral porteur de microARN 26a (miR-26a, ci-dessus) ou dépourvu de cette petite molécule (ci-dessous). Les tumeurs traitées sont nettement plus touchées par la mort cellulaire (nombreux points rouges)que les tumeurs contrôles.
POUR EN SAVOIR PLUSJ. Kota et al., Therapeutic microRNA delivery suppresses tumorigenesis in a murine liver cancer model, Cell, vol. 137, pp. 1005-1017, 2009.
S. Valastyan et al., A pleiotropically acting microRNA, miR-31, inhibits breast cancer metastasis, Cell, vol. 137, pp. 1032-1046, 2009. |
Publié par trichard à 21:14:05 dans BIOCHIMIE | Commentaires (0) | Permaliens
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De nouvelles simulations révèlent un risque faible, mais non négligeable, que des collisions entre les planètes du Système solaire se produisent dans les cinq prochains milliards d'années.
Philippe Ribeau-Gésippe
Le problème de la stabilité du Système solaire est l'un des plus vieux problèmes de la physique. Si l'on calcule le mouvement d'une seule planète autour du Soleil, on retrouve bien le mouvement elliptique décrit par Kepler. Mais les planètes du Système solaire exercent les unes sur les autres une attraction gravitationnelle qui vient s'ajouter à celle du Soleil et perturbe leur mouvement elliptique régulier. Ces perturbations peuvent-elles à long terme rendre les orbites imprévisibles et conduire à des collisions entre planètes ? En d'autres termes, le système Solaire est-il stable ? Depuis Newton, de nombreux physiciens ou mathématiciens se sont attaqués à ce problème épineux, qui ne peut être résolu de façon exacte.
Un ensemble de simulations numériques que viennent de mener Jacques Laskar et Mickael Gastineau, de l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides, à l'Observatoire de Paris, montre que dans un pour cent des cas environ (c'est-à-dire dans plus d'une vingtaine de simulations sur 2 500), le Système solaire est instable : des collisions entre planètes ou avec le Soleil surviennent en moins de 5 milliards d'années.
Il y a une vingtaine d'années, J. Laskar avait déjà montré par des simulations sur ordinateur que le mouvement du Système solaire est chaotique. Dès lors, en raison de la sensibilité aux conditions initiales, impossible de prédire les trajectoires des planètes au-delà d'une durée de quelques dizaines de millions d'années. De même, impossible de se contenter d'un seul calcul : seule une vision statistique sur un grand nombre de simulations, menées avec des conditions initiales légèrement différentes, a un sens pour décider si une collision se produira dans le Système solaire d'ici la mort du Soleil, dans cinq milliards d'années.
En 1994, J. Laskar a montré qu'en raison de la proximité d'une résonance entre l'orbite de Mercure et celle de Jupiter (une résonance est un rapport entier entre les périodes orbitales, qui renforce de façon répétée les perturbations mutuelles), la variabilité de l'excentricité de Mercure (l'élongation de son orbite) est telle qu'une collision avec Vénus est possible d'ici cinq milliards d'années. Pour parvenir à ce résultat, l'astronome avait cependant utilisé des équations moyennées. Or cette approximation, si elle permet de réduire considérablement le temps de calcul, n'est plus valable au voisinage de la collision.
La dernière étude réalisée par J. Laskar et M. Gastineau lève ces approximations gênantes. Les deux chercheurs ont calculé les trajectoires des planètes du Système solaire pour plus de 2 500 conditions initiales, dans le cadre d'un modèle réaliste qui intègre les effets de la relativité générale et, entre autres, la contribution de la Lune. L'ensemble a demandé pas moins de sept millions d'heures de calcul !
Dans la majorité des solutions, le Système solaire continue de tourner sans souci : les orbites des planètes s'allongent et se décalent autour du Soleil, mais sans risque de collisions ou d'éjection. Dans un pour cent des cas, cependant, l'excentricité de Mercure augmente de façon considérable, au point de conduire à une collision avec Vénus ou le Soleil d'ici cinq milliards d'années, tandis que l'orbite de la Terre reste stable.
En revanche, pour l'une de ces solutions critiques, l'augmentation de l'excentricité de Mercure provoque une cascade d'effets, qui aboutit d'ici 3,4 milliards d'années à une déstabilisation complète des planètes internes (Mercure, Vénus, la Terre et Mars). Pour préciser leur devenir, les chercheurs ont relancé 200 calculs à partir de cette déstabilisation. Résultat : Mars est éjectée dans cinq cas, et tous les autres conduisent en moins de 100 millions d'années à une collision entre deux planètes ou entre une planète et le Soleil, dont 48 impliquent la Terre. L'équilibre du Système solaire est plus fragile qu'il n'y paraît… http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-systeme-solaire-collisions-a-l-horizon-22552.php |
J Vidal-Madjar / NASA / IMCCE-CNRS
En raison de l’évolution chaotique des orbites planétaires dans le Système solaire, une rencontre proche ou une collision entre la Terre et Mars d’ici 5 milliards d’années (comme sur cette vue d'artiste) n’est pas impossible, bien que le risque soit faible. À VOIR AUSSI
Cette figure montre l'état actuel des orbites de la Terre (en bleu), de Mercure (en blanc), Vénus (en vert) et Mars (en rouge).
Après 3,3 milliards d'années, l'excentricité de la trajectoire de Mercure (en blanc) est devenue assez grande pour qu'une collision avec Vénus (en vert) soit possible.
© IMCCE (Observatoire de Paris/UPMC/CNRS)
La déformation des orbites est telle que la Terre est, par moments, plus proche du Soleil que Vénus. Une collision entre Vénus (en vert) et la Terre (en bleu) est alors possible.
© IMCCE (Observatoire de Paris/UPMC/CNRS)
L’évolution de l’excentricité de Mercure sur 5 milliards d’années illustre bien le caractère chaotique du Système solaire : les 2500 solutions calculées ne diffèrent au départ les unes des autres que par un écart de 0,38 millimètre sur le demi-grand axe de l’orbite de Mercure, soit 95 centimètres de différence entre les deux conditions initiales les plus extrêmes. POUR EN SAVOIR PLUSJ. Laskar et M. Gastineau, Existence of collisional trajectories of Mercury, Mars and Venus with the Earth , Nature, vol. 459, pp. 817 – 819, 11 juin 2009.
L'AUTEURPhilippe Ribeau-Gésippe est rédacteur àPour la Science.
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Publié par trichard à 20:24:32 dans PLANETOLOGIE | Commentaires (0) | Permaliens
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Pour la première fois, des chercheurs ont réussi à filmer la division de cellules souches de la reproduction dans leur environnement cellulaire, chez un animal, la drosophile. Ils ont ainsi mis en évidence un mécanisme possible de la division asymétrique caractéristique de ces cellules. Les cellules souches germinales sont responsables de la production des cellules sexuelles, ou gamètes : les spermatozoïdes et les ovocytes. Elles se situent dans les organes reproducteurs. Chez les vertébrés, les cellules souches germinales sont difficiles à caractériser et à isoler. En revanche, elles peuvent l'être chez la drosophile, où elles se divisent de façon asymétrique : une cellule souche germinale donne deux cellules filles, dont l'une produira un gamète, tandis que l'autre reformera une cellule souche.
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Jean-René Huynh
Cellule souche de la lignée germinale ovarienne. Son ADN est coloré en rouge. Trois particules contenant la protéine Wicked sont fluorescentes (les points en vert à gauche). Elles se localisent du côté du spectrosome (en bleu), une structure qui, dans les cellules germinales, organise la division et marque la future cellule souche. A droite, en vert, des cellules différenciées. À VOIR AUSSI
Jean-René Huynh
Chez la drosophile, l'ovaire est constitué de 16 à 20 ovarioles, où se forment les gamètes femelles. On voit ici, de gauche à droite, les stades de différenciation menant des cellules souches germinales à un ovocyte, dans une même ovariole. Les cellules souches germinales sont rassemblées dans le germarium, la chambre ovale la plus à gauche de l'image. Le rectangle jaune correspond approximativement à la zone de la première photographie. Dans les autres chambres ovariennes, au milieu et à droite, l'ovocyte en cours de différenciation est situé à droite (coloration en orange). L'ADN des noyaux cellulaires est coloré en bleu. EN VIDÉOPOUR EN SAVOIR PLUSPierre Fichelson et al., Live-imaging of single stem cells within their niche reveals that a U3snoRNP component segregates asymmetrically and is required for self-renewal in Drosophila, Nature Cell Biology, vol. 11, 685-693, 2009.
L'AUTEURJean-Jacques Perrier est journaliste à Pour la Science.
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Publié par trichard à 20:20:46 dans CYTOLOGIE | Commentaires (0) | Permaliens
Nature 459, 560-563 (28 May 2009) | doi:10.1038/nature08018; Received 8 December 2008; Accepted 24 March 2009
Helge M. Gonnermann1 & Sujoy Mukhopadhyay2
Correspondence to: Helge M. Gonnermann1Sujoy Mukhopadhyay2 Correspondence and requests for materials should be addressed to H.M.G.or S.M.
High 3He/4He ratios sampled at many ocean islands are usually attributed to an essentially undegassed lower-mantle reservoir with high 3He concentrations1, 2, 3, 4. A large and mostly undegassed mantle reservoir is also required to balance the Earth's 40Ar budget, because only half of the40Ar produced from the radioactive decay of 40K is accounted for by the atmosphere and upper mantle5. However, geophysical6, 7 and geochemical observations8 suggest slab subduction into the lower mantle, implying that most or all of Earth's mantle should have been processed by partial melting beneath mid-ocean ridges and hotspot volcanoes. This should have left noble gases in both the upper and the lower mantle extensively outgassed, contrary to expectations from 3He/4He ratios and the Earth's 40Ar budget. Here we suggest a simple solution: recycling and mixing of noble-gas-depleted slabs dilutes the concentrations of noble gases in the mantle, thereby decreasing the rate of mantle degassing and leaving significant amounts of noble gases in the processed mantle. As a result, even when the mass flux across the 660-km seismic discontinuity is equivalent to approximately one lower-mantle mass over the Earth's history, high 3He contents, high 3He/4He ratios and 40Ar concentrations high enough to satisfy the 40Ar mass balance of the Earth can be preserved in the lower mantle. The differences in 3He/4He ratios between mid-ocean-ridge basalts and ocean island basalts, as well as high concentrations of 3He and40Ar in the mantle source of ocean island basalts4, can be explained within the framework of different processing rates for the upper and the lower mantle. Hence, to preserve primitive noble gas signatures, we find no need for hidden reservoirs or convective isolation of the lower mantle for any length of time.
http://www.nature.com/nature/journal/v459/n7246/abs/nature08018.html
Publié par trichard à 20:15:10 dans PLANETOLOGIE | Commentaires (0) | Permaliens