Le peu, le très peu que lon peut faire, il faut le faire quand même. Théodore Monod(1902-2000)
Platynereis dumerili
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Le
prix Nobel de médecine a été attribué à Craig Mello et Andrew Fire pour
leurs travaux sur l'interférence ARN dont l'article inaugural fut
publié en 1998 dans la revue Nature...
... des
thérapies peuvent être escomptées dans le domaine du cancer, voire même du SIDA. Il s'agit d'une technique de plus s'ajoutant aux autres thérapies géniques dont le principe est de modifier l'expression du génome cellulaire de telle manière qu'un mécanisme corrigé puisse participer au fonctionnement normal du tissu concerné.
Rappelons
une autre découverte, celle des rétrovirus. Il était impensable selon
le dogme génétique des années 1970 qu'un ARN se transforme en ADN. Les
découvertes récentes ont infirmé ce dogme alors qu'un des ces
rétrovirus est connu pour avoir fait des millions de morts.
L'interférence ARN complète la famille des macromolécules à acide
ribonucléique dont ont connaissait trois spécimens. Les ARNm messagers,
transcrits à partir des gènes de l'ADN, puis les ARNr ribosomiaux et
ANRt de transfert, responsables de la traduction des gènes en
protéines. Voilà le nouveau membre de la famille, l'ARNi, la lettre en
indice signifiant interférence. Quant à la spécificité de cette ARN, il
est bicaténaire, autrement dit à double brin contrairement à l'ARN de
transfert monocaténaire, et par ailleurs, de petite taille. Ainsi, un
ARN bicaténaire est capable de bloquer l'expression d'un gène dont la
séquence est complémentaire. En fait, il existe deux mécanismes, l'un
agissant sur l'ADN et l'autre étant une régulation
post-transcriptionnelle puisque le mécanisme ne se produit pas au
niveau de l'ADN mais grâce au guidage d'une protéine qui va détruire
l'ARN messager ainsi repéré par la complémentarité de sa séquence. Ce
qui a pour effet de supprimer la traduction et de rendre indirectement
le gène silencieux.
Cette
découverte renforce la complexité des mécanismes cellulaires
d'expression génique. Elle présente aussi un intérêt dans le champ de
l'évolution puisque ce mécanisme est présent dans les plantes, ce qui
le rend antérieur à la divergence entre règnes animal et végétal. Comme
si avant de se complexifier en structures pluricellulaires, la vie
avait mis en place des mécanismes de régulation et de sauvegarde
extrêmement élaborés. En effet, ce mécanisme, entre autres choses,
bloque les expressions anarchiques de matériel génétique « déviant »,
notamment ceux des virus mais aussi des transposons, ces « gènes
facétieux » qui se fixent de manière « fantaisiste » sur l'ADN.
Soulignons aussi la confirmation du caractère communicationnel de la
vie moléculaire en mentionnant également une des rares découvertes
récentes et innovantes dans ce domaine, celle des protéines scafflold,
sortes de connecteurs moléculaires à l'instar des dispositifs
électroniques présents dans les centraux téléphoniques. La vie repose
sur la communication. Tel sera l'un des principes du prochain paradigme
en sciences du Vivant (à ne pas réduire à son ancêtre bricolé à partir
de la théorie de Shannon par Henri Atlan). ...
d'après http://fr.news.yahoo.com/03102006/326/nobel-de-medecine-2006-un-grand-cru.html
Publié par trichard à 08:50:49 dans BIOCHIMIE | Commentaires (0) | Permaliens